Dans une première, la France lancera un nouveau porte-avions à propulsion nucléaire d’ici 2038, publie son modèle réduit

Le groupe naval français a lancé un modèle réduit d’un porte-avions de nouvelle génération entièrement électrique à propulsion nucléaire qui vise à remplacer le Charles de Gaulle en 2038.

Connu maintenant sous le nom de PANG, qui signifie Porte Avion Nouvelle Génération, le navire de 75 000 tonnes mesurera environ 310 m de long et 85 m dans la partie la plus large du pont du porte-avions.

Les deux réacteurs nucléaires proposés par TechnicAtome fourniront de l’électricité pour faire fonctionner trois transmissions par arbre (un plus grand porte-avions américain possède généralement quatre transmissions par arbre). Le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) devrait superviser la coordination et l’exécution des réacteurs qui devront être ravitaillés une fois tous les 10 ans, ce qui indique, en théorie, que le navire pourrait rester en mer pendant ce temps.

PANG devrait transporter environ 32 chasseurs de nouvelle génération, trois E-2D Advanced Hawkeyes (la France en aurait commandé trois en 2021, qui seront livrés en 2028) et plusieurs avions sans pilote.

Il va être construit par une joint-venture (JV), MO Porte Avions (où MO désigne Maîtrise d’Oeuvre, c’est-à-dire exécution et coordination), créée en 2021 (mars) entre Naval Group et les Chantiers de l’Atlantique.

Porte-avions
Image à des fins de représentation uniquement.

Le réalisateur Olivier de Saint Julien a déclaré lors du salon Euronaval mardi au Bourget, Paris, que les Chantiers de l’Atlantique disposaient mardi d’une cale sèche basée à Saint-Nazaire sur la côte ouest de la France, suffisamment grande pour construire le PANG.

C’est la clé puisque la cale sèche de Naval Group qui existe et qui est utilisée pour le Charles de Gaulle est bien trop petite, car le PANG surclassera l’ancien transporteur de 68 pieds de largeur et 159 pieds de longueur.

Le colonel Philippe, le directeur de programme de PANG (pour l’agence d’approvisionnement DGA), a informé Breaking Defense que certaines décisions de conception avaient été prises pour garantir que les porte-avions américains et français restent interopérables.

En mars 2022, un E-2D Advanced Hawkeye de l’US Navy a effectué son atterrissage principal sur le Charles de Gaulle dans le cadre des activités de vigilance avancées de l’OTAN dans l’espace aérien bulgare et roumain. Comme l’a souligné Philippe, la France et les États-Unis sont les deux marines internationales exploitant des porte-avions nucléaires avec parafoudres et catapultes, elles doivent donc être interopérables. Les Rafale français auraient par le passé atterri et également décollé de porte-avions américains. Il n’y a pas de fabricants de catapultes en France. Ainsi, Philippe a ajouté que le PANG serait équipé de porte-avions électromagnétiques de fabrication américaine, similaires à ceux des porte-avions Gerald R. de la classe Ford de l’US Navy.

La décision finale de remplacer le Charles de Gaulle par un navire à propulsion nucléaire a été prise par le président Emmanuel Macron en 2020 (décembre). Le design pourrait être modifié d’ici 2025 lorsque le design sera corrigé, a expliqué Saint Julien.

Il a en outre expliqué que les premiers essais en mer devraient être effectués en 2036, le navire sera livré à la Marine en 2037 et devrait opérer à partir de 2038. Au cours de cette dernière année, Charles de Gaulle peut prendre sa retraite.

Le navire qui va être livré à la Marine n’aura pas nécessairement à bord tout ce que la Marine souhaiterait – du moins, pas pour le moment.

Il devrait être conçu de manière à pouvoir être modernisé rapidement et progressivement, et le système de combat peut également évoluer, a déclaré Saint Julien.

Saint Julien a ajouté qu’ils ne savent pas aujourd’hui quelle technologie sera disponible dans 15 ans, nous devons donc permettre aux nouvelles technologies de s’adapter facilement.

PANG disposera d’un équipage composé de 2 000 personnes ; certains seraient des ingénieurs aéronautiques expérimentés, car la Marine souhaite être capable d’entreprendre le type de réparations à bord qui seraient généralement effectuées par le constructeur.

Références : Eurasian Times, Breaking Defense

Dernières nouvelles sur l’expédition