Port de Bayonne : croissance en 2021. L’optimisme est général pour 2022.

Le port de Bayonne a terminé l’année avec une hausse de 6,7 % d’ici 2021. La croissance est attribuée à l’industrie sidérurgique alors que le maïs a connu une baisse de sa production. Les investisseurs privés et publics investissent dans les infrastructures portuaires afin de maintenir le flux actuel et de créer de nouveaux marchés.

Le port de Bayonne fait un peu figure d’exception en France. En 2020, le port basque a enregistré une augmentation de 5,8 % de son trafic, alors que les autres ports ont connu des baisses. En 2021, la hausse du trafic s’est poursuivie, avec une augmentation de 6,7 %, due à la sidérurgie.

La sidérurgie

La croissance du trafic du port de Bayonne est en grande partie due à la bonne santé du trafic lié à la sidérurgie. Les deux opérateurs du port, Laminoir des Landes et Celsa ont vu leurs activités augmenter. Le trafic de ferraille de Laminoir des Landes a augmenté de 125,3 % pour atteindre 138 546 tonnes. Un autre opérateur, Celsa, a vu ses importations de billettes et de ferraille augmenter. Les ferrailles ont augmenté de 12,3 % pour atteindre 207 051 t tandis que les billettes ont progressé de 9,4 % pour atteindre 545 624 t. Au total, le trafic lié à la sidérurgie représente 36 % du volume traité au port de Bayonne. Bayonne.

Hydrocarbures Baisse du pétrole brut et hausse des produits raffinés

Autre axe de développement de la région sud-ouest du port, les hydrocarbures ont augmenté de 55%, pour atteindre 83 632 tonnes. Ce flux est constitué de pétrole brut extrait dans les Landes, et conservé dans le port. L’année 2021 de la société qui l’extrait a réduit la production de pétrole brut. Par ricochet, la capacité de stockage du port de Bayonne a été réduite. Avec 18 134 t, cette quantité a diminué de 62,1 % en 2021. Cette réduction du stockage de pétrole brut a été en grande partie compensée par les importations de pétrole raffiné. Elles ont augmenté de 55 pour cent pour atteindre 235 611 t en réponse aux besoins de la consommation locale. En revanche, les dérivés du pétrole comme le bitume ont augmenté de 4,6 pour cent pour atteindre 124 797 tonnes. Ils sont révélateurs de la reprise économique ainsi que des demandes de l’industrie.

Adisseo a renforcé sa place à Bayonne

Le soufre est un autre courant qui circule sur les quais de Bayonne, avec des volumes en hausse de 31,7 % à 140 717 t. La production de soufre d’Adisseo fait partie des piliers du port. L’opérateur a renforcé sa position dans le port. Au cours des trois dernières années, Adisseo a investi dans la protection de ses stocks et a également réalisé d’importants travaux de maintenance. « Les prévisions sont favorables pour les prochaines années », nous a confié Pascal Marty, directeur du port de Bayonne. La direction du port insiste sur le fait que cette augmentation du trafic n’aura pas d’incidence sur le trafic routier. Le site d’Adisseo est relié au système ferroviaire pour transporter ses marchandises directement vers la destination finale.

Maïs : la volatilité de la récolte

De l’autre côté de la baisse du trafic se trouvent les flux de maïs ainsi que d’engrais liquides. La diminution des flux de maïs est principalement due à la récolte qui a eu lieu en septembre. La saison, qui se déroule entre octobre et avril, a été fructueuse en 2019 et 2020 en raison d’une forte récolte au cours de l’année 2019. En 2020, le maïs a enregistré un trafic de 457 697 tm. La mauvaise récolte de 2020 a eu un impact sur les résultats de 2021. Le maïs est en baisse de 17,6 % à 377 004 tm, ce qui est inférieur à la récolte de 2019. « La récolte 2021 semble meilleure et nous avons bon espoir de voir un rebond des activités de négoce d’ici 2022″, indique Pascal Marty.

Engrais solides : un arrêt brutal du flux d’azote en octobre.

L’autre raison de la baisse du flux de trafic au port de Bayonne est due à l’utilisation d’engrais solides. Ce produit a connu une augmentation importante tout au long de l’année mais celle-ci s’est arrêtée vers la fin de l’année. « Les matières premières utilisées dans la production d’engrais ont toutes connu une augmentation dans des proportions importantes au cours du dernier trimestre. Les négociants ont eu tendance à puiser dans les stocks existants avant d’effectuer des achats en raison de la hausse soudaine des prix. Cela a entraîné une diminution du volume. Fin septembre, les ports de Bayonne ont connu une augmentation du trafic des importations d’engrais solides avec un taux de croissance de 2,2%. Dès que les prix ont augmenté, le trafic a ralenti en novembre, mais il a repris, mais seulement légèrement vers la fin de l’année.

Stabilité des autres flux de circulation

Les autres flux de circulation sont généralement stables jusqu’en 2021. Alors que le trafic lié aux produits de la forêt est en baisse, celui de l’agroalimentaire et des autres matériaux en vrac est en hausse. Pour les marchandises diverses, composées de gros colis, le volume augmente.

Optimisme général

« Nous sommes optimistes pour 2022 car les clients que nous servons le sont. Nous connaissons une croissance importante qui se manifeste par le montant des investissements réalisés par l’autorité portuaire et le secteur privé », affirme Pascal Marty. Ces dernières années, plus de 200 millions d’euros ont été investis dans le port. Du point de vue du port, le concessionnaire du port, la CCI de Bayonne Pays Basque, a fourni un investissement de 70 millions d’euros qui est financé par la CCI et la Région Nouvelle Aquitaine. Cela a permis l’achat de la nouvelle trémie de 60m3 pouvant traiter jusqu’à 1000 t/h ainsi que l’achat d’une benne étanche de 21,6 m3, pour un montant de 600 000 EUR. « Ils nous permettent de mieux gérer l’impact de la manutention de matériaux lourds, notamment pulvérulents, en évitant les pertes de produits et en améliorant l’efficacité du processus de déchargement des produits pour nos clients. » Pascal Marty. Pascal Marty. Avec l’achat d’une grue électrique en 2019, le quai de Tarnos est en mesure d’assurer un fonctionnement optimal.

130 millions d’euros d’investissement en capital par le secteur privé

Aux côtés des acteurs publics, le secteur privé a lui aussi mis la main à la poche avec un investissement en capital de 130 millions d’euros. Outre la construction de deux laminoirs et la modernisation des équipements des deux entreprises sidérurgiques, le dernier investissement privé en date est celui de la Bayonnaise de Manutention Portuaire (BMP), entreprise de manutention d’acier du port, qui a aménagé un espace de stockage supplémentaire de 4 000 mètres carrés sur le site d’Anglet Blancpignon.

Geoalcali intègre Bayonne dans son schéma logistique.

En outre, Geoalcali a annoncé qu’elle avait ajouté le port de Bayonne dans son plan logistique pour expédier ses produits. L’entreprise possède une mine de minerai de fer située dans le nord de l’Espagne. Elle a choisi trois sites pour expédier ses marchandises : Bilbao, Pasajes et Bayonne. C’est une tâche difficile de pouvoir s’intégrer dans le plan logistique de cette entreprise », déclare le directeur du port de Bayonne. Nous allons nous battre pour que Bayonne soit incluse dans les expéditions de cette mine.

L’économie circulaire pour quelques années

L’avenir du port de Bayonne, la direction du port l’observe d’un œil attentif. Si la tendance à l’écologisation des ports n’a qu’un faible impact sur le port, c’est parce que Bayonne travaille depuis plusieurs années à développer l’économie circulaire. Par exemple, Celsa recycle la ferraille pour son usine de fabrication. « Les activités des industriels sont en train de changer ». Des produits comme le soufre, les hydrocarbures et les engrais restent des flux que le port analyse régulièrement. L’évolution de ces flux est susceptible de provoquer des changements dans la logistique qu’il faut anticiper.

Engrais : anticiper les changements logistiques

Les engrais connaissent actuellement le premier de ces changements. L’arrière-pays de Bayonne abrite de nombreux agriculteurs qui auront besoin d’engrais pendant longtemps encore, que le volume soit réduit ou non. « Nous considérons que la réduction du volume va conduire à la concentration des flux. Nous souhaitons être une zone solide pour recevoir les produits que nous proposons », indique Pascal Marty.

Conteneurs : études en cours

Il est un secteur auquel Bayonne a cessé de participer : les conteneurs. Après avoir construit une opération avec des opérateurs à deux reprises, les deux lignes ont été arrêtées. Le port mène actuellement des études pour réunir tous les éléments nécessaires au bon fonctionnement d’une toute nouvelle ligne de conteneurs. « La quantité est là dans notre arrière-pays, mais nous devons trouver la meilleure formule pour permettre à cette ligne d’être viable. »